Archives pour la catégorie Poésie
Ricochets
Saisons
Il y a des hivers chauds
Des étés tristes
Des printemps qui sont des automnes
Et des feuilles qui tombent sur le chemin des amoureux
Mâle
Ta barbe qui pique mes lèvres
Ton étreinte qui brise mes os
Ton amour qui serre mon cœur
Et j’ai le mâle de toi
Bleu
J’ai le blues
J’ai le blues de lui
Du bleu de ses yeux
Qui nargue le bleu des cieux
Et mon cœur sans blouse
À nu sous la pluie
Princesse
Amour
Madame
Madame se réveilla
Mariée, deux enfants
Un chat birman
Et un acacia
Elle se lava le visage
Se regarda dans le miroir
Vit une femme sans rage
Résignée à ne plus croire
L’amour, un mythe d’une autre ère
La liberté, une chimère
Monsieur quitta la couche
La frôla de son bras
Peu sûr de ses pas
Et rejoignit la douche
Elle suivait du regard
Ses mouvements hagards
Avant de fixer
Ses fesses momifiées
Désir, désir, où es-tu ?
M’entends-tu ?
Arsenic, strychnine, huile de ricin ?
Dans son café du matin,
À midi dans le gratin,
Ou au goûter, dans son pralin ?
Que choisir
Pour en finir
Les cris des enfants la rappelèrent
À son train-train mortifère
Aujourd’hui, ce sera école, devoirs et bain
Pour le reste, elle verra demain
Misérables vertus
Petit Gervais a perdu sa pièce
Jean Valjean a perdu son pain
Mais aucun n’a perdu sa dignité
Fantine a perdu ses dents
Cosette a perdu sa mère
Mais aucune n’a perdu son coeur
Gavroche a perdu la vie
Jean Valjean a perdu Cosette
Mais aucun n’a perdu son courage
Vertus des pauvres
Biens rares des riches
Soleil couchant
Petit cœur en exil
Trotteuse des champs
Baroudeuse des villes
Croqueuse de myrtilles
Amoureuse des gens
Tu rêves de voyages
De croisières sur le Nil,
De riads, de zelliges
Et de randonnées sur une île
Petit cœur trop plein,
Aux sifflements du train,
Ferme les yeux, lance les dés
Et le monde sera à tes pieds
Petit poème inspiré par ma grande amie Salma
L’Eden perdu
Il était une fois un homme qui aima Dieu si fort
Qu’il en oublia d’aimer les hommes.
Il chérit l’au-delà avec tant d’ardeur
Qu’il en oublia de chérir la vie.
Il portait le sacré si haut et si loin
Que tout ce qu’il approchait devenait profane.
Ni le ciel orageux, ni l’azur bleu ne pouvaient
Le consoler de la quiétude de l’Eden perdu.
Rupture
Il souffre de ces maux
De ces serrements de coeur
Qui reviennent comme les odeurs
De celle qui lui colle à la peau,
S’immisce dans sa tête
Et lui refuse la trêve